vendredi, mai 05, 2006

Jackson Pollock dans l'arène.








Jackson Pollock.




« Pollock est un peintre qui ne cherche pas à faire une image avec de la peinture. »
« Ah bon ? »
« Il fait quoi alors ? »

Pollock ne peint pas des images avec un pinceau, il verse sa peinture directement sur la toile, n'importe comment et ça ne donne ni un paysage ni une femme nue... Forcément, on s’en doutait.
À la même époque, Picasso peint au pinceau des personnages qui ne ressemblent pas non plus à des photographies, mais ce sont tout de même des bonshommes et somme toute assez proches des personnages peints à la Renaissance.

Avant Pollock, Kandinsky (qui aurait pu être son grand-père) calculait où mettre ses taches de couleur et ses traits noirs. Il réfléchissait aux formes qui se mélangeaient les unes dans les autres.
Jackson Pollock lui, ne calcule rien du tout... C’est ce que l’on pense quand on regarde rapidement une de ses grandes toiles.
Ça donne même envie de rigoler tellement ça ne ressemble à rien.
Un artiste qui n'a pas du être facile à comprendre par ceux qui ont vécu à son époque ! Il y a cinquante ans.

En 1950.

Les grands artistes ne sont jamais faciles à comprendre quand on vit avec eux. Nous avons de la chance quand nous arrivons après eux , nous pouvons les comprendre quand on fait des efforts.
Essayons !
Les grands-parents des enfants d'aujourd'hui sont nés quand Pollock faisait les premières peintures de filaments qui ont surpris les Américains.
Jackson Pollock voulait seulement que les gens disent qu'il avait bien gesticulé sur la toile, qu'il s'était bien battu sur sa peinture.

« Est-ce qu'il s'en fichait qu’on dise qu'il n'y avait pas d'image sur la toile? »
Bien sûr puisqu'il n'y en avait pas…, Il y a seulement des traces de son combat.
Ne cherchez pas, il n'y a pas d'image, ou alors il faut bien chercher dans cet embrouillamini de lignes et avoir une imagination impétueuse.


"Regardez mon action !" Disait-il. Et ça se voit qu’il agissait.
On pense qu'il s'est bien fatigué sur ces grandes surfaces. Il y a des photographies et des films qui prouvent qu'il est en pleine forme pour peindre à cette vitesse.



Il tient un pot de peinture percé à bout de bras et il se déplace sur sa toile qui est à plat sur le sol.
« Son pot de peinture est perçé ? »
« OUI ! Et c’est lui qui a fait le trou au fond pour que ça coule. »

Dans le pot, il y a de la peinture à l'huile (glycérophtalique) : de la peinture dans laquelle il a rajouté de l'essence de térébenthine et de l’huile de lin pour qu’elle soit encore plus fluide. La peinture en pot est déjà pourtant très liquide par rapport à la peinture pâteuse en tube qu'utilisent les autres artistes; à cette époque, on peut acheter la peinture dans un supermarché, c'est une nouveauté, Jackson Pollock en profite.








Et hop ! Il se déplace afin que le pot ne goutte pas au même endroit: « en haut, en bas, en zigzag, à droite, à gauche, changement de pot de peinture... » Pendant deux heures, il est fatigué. Exténué.

Aux États-Unis juste après la guerre, en 1945, quelques artistes refusent de peindre abstrait comme Kandinsky.
En 1940, à la fin de sa vie, Kandinsky donne l'impression de peindre avec une équerre et un compas ; ça agace quelques peintres américains qui n'ont plus envie de calculer ce qu'ils veulent peindre avant de s’y mettre.
C'est la main et le corps qui vont devenir plus rapides que le cerveau et l'oeil... Ils peignent, ils regardent après, et ainsi de suite.



Jusqu'à dix-huit mois environ les bébés font un peu comme cela sur le papier c'est la main qui précède l'oeil.
Puis après ça s'inverse, c'est l'oeil qui demande à la main d'aller là où il l’a décidé. Du coup, la main se met à hésiter, ça freine la main jusqu’à arriver à ne plus rien peindre du tout.
Les petits n'ont peur de rien, c’est après que ça commence et c’est tant mieux pour la plupart des choses, mais c’est dommage pour la peinture.



Pollock n'est pas retourné en enfance, mais il a essayé d'être rapide et de ne pas trop réfléchir quand il peignait ; un peu comme les Indiens Navajos qu'il admirait et qui étaient ses maîtres. Il aurait aimé qu'ils soient ses ancêtres, mais non…
Les Navajos étaient sur le terrain américain avant lui et cela il en tint compte : il s’inspira de la fièvre des sorciers (chamans) indiens qui dessinaient avec des sables de couleurs les messages que leur envoyaient les dieux.

En anglais, on appelle la peinture de Jackson Pollock "L’Action Painting" en français c'est "La peinture gestuelle".
La technique du pot de peinture percé au fond par un clou, s'appelle "Dripping", en français, "la peinture qui coule " ou encore "dégoulinage"…, il se déplace sans s’arrêter…, le pot de peinture à bout de bras.

Pendant longtemps, les peintres ont peint tranquillement et silencieusement dans leur atelier.
Dans l'atelier de Pollock ça devait faire du bruit quand la peinture giclait et quand il marchait vite à reculons sur sa toile.
Il prend aussi un bâton qu’il trempe dans le pot, il le fait claquer comme un fouet sur la surface, ça fait des filaments partout ; celui qui photographie a intérêt à se protéger comme un pêcheur de haute mer.
Quand on regarde une toile de Jackson Pollock, on est essoufflé tellement on a l'impression que c'est un exploit sportif.
D'autres pensent au contraire que Pollock fait de la dentelle comme une grand-mère. La dentelle, c'est très précis à faire et ça se fabrique très lentement. Lui fait du fouillis et il ne respecte pas la symétrie de la dentelle. S'il est une dentellière (c’est Francis Bacon qui disait cela !) il est une dentellière qui n'a pas mis ses lunettes !
Il a bien un seul fil, mais il l’emmêle plutôt qu'il ne l'organise minutieusement.



Cependant, quand on étudie longtemps la reproduction d’une toile de Jackson Pollock on repère qu'il contrôle plutôt bien la coulée de sa peinture.
On constate qu'il fait à peu près ce qu'il veut.
Pour en savoir plus, pour comprendre ses gestes et sa façon de faire des trucs super chouettes et compliqués sur la toile, il faut essayer de peindre une grande toile comme lui. Quand on essaye sérieusement de peindre comme lui, on est obligé d'admettre qu'il est devenu expert en giclures et en éclaboussures de peinture.



Pour l’imiter, avec le bâton trempé dans la peinture bien fluide, il faut faire comme si on voulait lancer un caillou pour créer des ricochets sur l’eau. Mais on ne lance pas le bâton, on le garde à la main bien sûr.
Quand on a répété plus de cent fois le même geste sur une grande toile de deux mètres sur deux, ça peut faire mal aux ligaments du coude ! On peut garder une tendinite plusieurs semaines.
Pollock a-t-il eu des tendinites en peignant ces grandes peintures qu'il appelait « Number 13 », « nº 42 », « nº 33 », etc. ?
Drôles de titres... C'est à nous de nous débrouiller.
Pas de titres comme "ciel d'hiver étoilé", " rivalité d'êtres féroces", il aurait trouvé cela ridicule.
Il lui arrive tout de même de donner des titres comme : "Couleur argentée sur noir, blanc et jaune." Mais on n’en apprend guère plus sur le sujet. Et puis c’est un peu inutile parce qu'on avait bien vu dans quel ordre il a mis sa peinture : la couleur argentée a bien été mise en dernier.


Quand on regarde bien sa peinture, il y a tellement de couches les unes sur les autres, qu’on imagine que ça a mis longtemps à sécher ; ça fait des peaux fripées : l'air a fait sécher le dessus de la peinture, alors que le dessous est encore tout huileux. La couche du dessus qui a séché plus vite s’est plissée comme la peau de quelqu'un d'âgé et elle emprisonne la peinture vivante du dessous...
Cela voulait-il dire quelque chose pour Pollock ?



....................

Attention, ce paragraphe n'a peut-être pas d'intérêt pour les arts plastiques.
« On dit qu'il était génial, O.K ! Mais on sait aussi qu'il était alcoolique… Il vaut mieux suivre l'exemple de sa peinture que l'exemple de sa maladie (dépendance) de l'alcool. C'est à cause de l'alcool qu'il est mort dans un accident de voiture entraînant la mort de la femme qui était à côté de lui. Il est mort assez jeune, il avait quarante-quatre ans.
C'est dommage ! On aurait bien aimé voir ce qu'il aurait peint à 60 ans.
Picasso a peint jusqu'à 90 ans et personne ne s'en plaint. »

...............

Ce qui suit n'est sans doute pas à dire aux enfants, mais c’est important.
Pollock disait à peu près cette phrase qui aide à comprendre toute la force de son corps qu’il mettait dans la peinture : « quand je peins, je me sens vraiment vivant sur la toile, je sens mes testicules ballotter sur la peinture. »
Ce n'est pas si sexiste qu'on le croit ; une femme aurait sans doute dit : « je sens mes seins ballotter sur la peinture... » ce qui est important pour lui, c’est de se sentir bouger.

Pollock est un peu comme une araignée au milieu de sa toile, il tisse un fil de peinture qui dégouline sur la toile en tissu, et avec un mouvement de balancement, de va-et-vient, ou de tourbillon, il surcharge toute la surface comme s'il enregistrait la durée de son travail.
Quand il a fini, on peut se dire : « Tiens, c’est une araignée qui a travaillé deux heures ! » « Ne s'est-il jamais fait coller les pieds dans sa peinture ? »
... On peut l’imaginer collé et enlevant ses chaussures, donc en chaussettes et quittant le milieu de sa toile sur la pointe des pieds comme un danseur................

14 commentaires:

Nico a dit…

"Un critique a écrit que mes tableaux n'avaient ni commencement ni fin. Il ne l'entendait pas comme un compliment, or c'en était un. C'était même un beau compliment. Seulement il ne le savait pas."

L'art de Pollock est intrinsèquement lié au sexe, peindre et/est faire l'amour : on lui pose la question quand savez-vous que vous avez fini un tableau? sa réponse : et vous quand savez-vous que vous avez fini de faire l'amour? (“[responding to the question: How do you know when you're finished?]”How do you know when you're finished making love?")

Très beau film de Ed Harris "Pollock"

Ninette a dit…

tres beau film ..; bien qu'il soit un peu romancé ;)
sinon ce peintre a été ma premiere source d'inspiration, l'élément déclencheur pour k je tienne un pinceau devant une toile ;)

Gilbert VILLEMIN a dit…

à part "Le Mystère Picasso", qui est dejà lui-même un peu romancé, tous les films de peintres sont bien loin de la réalité.

phillip a dit…

un site flash pour peindre comme Pollock:

http://www.addictingclips.com/Content.aspx?key=E86F742FC23F4A86

lepolsk a dit…

je suis et reste persuadé cette gestuelle n'est pas hasardeuse ! le choix des couleurs , de la fluidité et la densité de la peinture ne sont pas aléatoires. surtout lorsque l'on s'exerce au dripping !!

je trouve la comparaison avec une réalisation infantile bien ludique, mais peu démonstrative !

la force de la gestuelle, des traits,des coulures et l'uniformité du résultat prouve l'inspiration psychique adulte de J.Pollock au moment où il peint.

quel artiste aujourd'hui ne s'est-il pas essayé à l'action-painting , même sans en connaitre son appellation artistique ?

quelles magnifiques œuvres !

Fremalo a dit…

super ton article !
je suis moi même en train d'en faire un, d'où mes recherches sur le net (bien que je ne veuille pas en faire un aussi abouti que le tien je mettrai ton article en lien car franchement j'apprécie)

http://fremalo.canalblog.com

sophie a dit…

bonjour je m'appelle sophie.
il y a quelques temps j'ai trouvé sur internet une citation de pollock mais je ne la retrouve pas. peut etre la connaissez vous?
cela ressemblait a ca mais mes souvenirs sont vagues: "quand je peints je ne sais pas ceque je fais ce n'est qu'apres un certain temps de reflexion..."
pouvez vous m'aider c'est urgent
c'est pour une planche de reference
si vous connaissez la citation pouvez vous me lenvoyé a ladresse suivante: s.dubroca@laposte.net
Merci d'avance

Aurel a dit…

Voici probablement la citation que vous cherchiez :

When I am in my painting, I'm not aware of what I'm doing. It's only after a sort of "get acquainted" period that I see what I have been about. I have no fears about making changes, destroying the image, etc., because the painting has a life of its own.

(Quand je peint, je ne suis pas conscient de ce que je fais. C'est seulement après une sorte de temps de "prise de connaissance" que je vois ce que j'ai voulu faire. Je n'ai aucune peur de faire des changements, détruire l'image, etc parce que la peinture a sa propre vie.)

Bouche-rit a dit…

Je viens de découvrir le monsieur via gogole aujourd’hui. Ma 1ere réaction : "ca m'encourage pas a en vouloir plus", mais ma curiosité l'emporte. Petite recherche, l'eternel wikipedia, et j'arrive ici.
"So what ?" Si je n'ai rien, pour ou contre le monsieur, de voir cela, et dire que c'est de "l'art" conforte ma pensée de "cul terreux", de « plouc inculte", et autre sobriquet que vous m'accorderez après ce que vous allez lire au sujet de l'art.
L'art c'est "bull shit" pour les anglophones ou bien encore "l'art c'est du cochon" pour nous français. Apres tout? L'art c'est quoi? Si ce n’est ni plus ni moins qu’une pure spéculation mentale. En quoi une personne est un grand artiste peintre, musicien, sculpteur ou autres? N'est ce le simple fait d'avoir fait la bonne rencontre au bon moment. Combien ont atteint leur statut de "d'artiste" qu'après leur mort? Pour autant la mort ne bonifie pas les œuvres que je sache… Mais y ajoute un coté romantique « l’artiste maudit, incompris etc… ». Qu'est ce qui fait que ceci est prisé, ou cela décrié? La constance dans l'obstination à reproduire une chose à l'infinie dans diverses variantes? A créer un nouveau courant, que les artistes en herbe suivront et qualifieront l'inventeur d’être leur Maitre?
Si aujourd’hui un Van Gogh est si cher ce n'est pas pour la beauté de ses oeuvres, mais pour la spéculation financière qu'il y a autour. Alors le NASDAC serait il à sa façon une œuvre d’art ? Pour moi le sens du mot « art » ne peut être dans une forme absolue. Rien n’est art. Personne n’est artiste. Ce qui aujourd’hui est art, ne le reste que par la médiatisation et la spéculation qu’il y a autour. Si demain Mr Lagardère achète les œuvres au feutre à l’eau de mon fils, et dit à 3 de ses amis, il a du talent, il est fort à parier que les œuvres suivantes s’arracheront. Que ce même monsieur alors brule ce qu’il achète en disant c’est de la merde, et ma tête blonde retournera faire les plus beaux dessins pour son papa uniquement. Alors oui, je suis un inculte, ignare, je mérite sans doute le buché d’avoir osé remettre en question ce qui fait l’art ou défait l’artiste. Mais à titre d’exemple, très simple je vous invite à réfléchir sur la « musique » de nos jours… Regardez comment les « artistes » naissent et meurent ont-ils tous le talent ? Ceux qui n’ont pas le « talent » ne sont ils pas promu par le matraquage ? Ceux qui ont le talent ne meurent ils pas parfois par noyade dans la multitude des précédent qui n’ont pas de talent ? N’en va-t-il pas de même à des échelles moindre pour les autres disciplines ?
Que de questions… l’art c’est du cochon… mais dans le cochon tout est bon !

Anonyme a dit…

bravo , bouche-rit ! beau commentaire engagé et enragé ....Envolée profonde sur l'Art , l'Ephemère de l'artiste ...tout cela dans un élan légèrement méprisant , "au-dessus de la mélée" ...
Sur quoi t'interroges -tu , au juste ? la juste considération de l'oeuvre à l'aune du talent ?

Je te cite :"Rien n'est Art .Personne n'est artiste" ...hum ...Quel sens de la formule nihiliste .
Et le mécénat ,dans tout ça? vaste débat ...

Je me permet de te suggérer que tu viens interroger sur ce post ta condition de sujet pensant , à la seule difference d'un Pollock qui engage son corps et son ame dans "l 'arène humaine " ...

Une différence infime : lui prend le risque de créer et de s'exposer à ton regard lorsque tu te réfugies dans un faisceau de critique primaire de la société artistique .
Si tu fustiges tant , pourquoi écrire ici ? Une vague envie d'etre lu et reconnu ?
prends exemple sur ton fils : lui crée et ne réclame pas une postérité ; Sain et généreux élan .
Tu sembles etre assigner à tou tl'inverse...

Bouche-rit a dit…

Anomyne... cher anonyme...
M'avez vous lu? Ou simplement survolé ? Avez vous réfléchit ou simplement réagit?
Vous parlez de mécénat. C'est ce que je montre justement, que je pointe du doigt. Le "mécénat" c'est justement ce qui corrompt tout! Quand sans FRIC, "l'art" n'est pas. Il reste anonyme, tel que le sont les œuvres de ma chère tète blonde.
Vous dites que Pollock engage son corps et son âme ! Ah ! Le ténébreux! L'artiste Maudit et Torturé refait donc surface. La Création dans la douleur! L’accouchement sans péridurale ! La constipation mentale dont sort l'étron salvateur et artistique...
Oui Rien n'est art! Personne n'est artiste! Mais là encore il semble que je dois vous en faire l'explication de texte... Et pour cela je m'acquitterai par l'exemple :
Dites-moi en quoi, une œuvre de peinture peut etre plus "art" qu'une belle mécanique d'horloge? En quoi une sculpture serait elle plus digne qu'un plat raffiné? N’y a t Il pas pourtant en tout cela de la création? De la mise en branle de l'esprit! Mais dites-moi pourquoi seule une catégorie d’homme : les peintres, sculpteurs, poètes seraient des artistes et pour quelles d'obscures raisons? Parce que leur ouvrage est inutile au quotidien mais qu’ils auraient trouvé pigeon pour les financer… ah ! l’art est donc là, parce que cela a plu à tel ou tel influant, tel ou tel puissant, cela sera vu ou réduit à l’oublie.
Mais peut être que si j’avais dit Tout est art ! Et tous sommes artistes, j’aurai moins heurté votre sensibilité en vous rassurant. Mais non, ce n’est pas dans ce que je peux concevoir. Je ne suis pas celui qui rassure.
Pourquoi avoir écrit ici, pourquoi avoir réagit ? je me tape de la célébrité, j’ai eu plus qu’à mon tour mes quarts d’heure Warholien, mais quand je vois que de tel truc, machin bidule sont dit être de l’art , cela en illustre ma pensée. De plus la possibilité de réagir est donnée, je la saisie et je la fais partager. Mais peut être, cher anonyme, êtes vous de ceux qui ne discutent, et n’échangent, qu’avec ceux qui partage votre avis et font taire les autres ? Cela sent les livrés brulés en place publique de telles façons !

Anonyme a dit…

Bonjour, je viens non pas apporter mon grain de sel mais remettre l'art dans son contexte.
L'homme dans son évolution qu'on lui connait aquiert un culture, au sens philosophique c'est à dire négation de la nature où pour être plus nuancé, prolongation d'un état naturel. L'art vient s'inscrire dans cet éloignement cherché par l'homme de sa nature propre : cela s'est d'abord traduit par des actions sur son propre corps (scarifications peintures...) puis par des actions sur son environnement proche comme son habitat (architecture) et puis par sa relation au monde (les peintures sculptures renvoyant à l'idée d'idéal, de vérité, d'objectivité/subjectivité... concepts sans cesse ressassés).La liste n'étant evidement pas exhaustive. Plus recement, on voit apparaître une notion nouvelle qui est celle de relation à l'art. On peut bien sûr discuter mais Pollock s'inscrit pour moi en partie dans cette tentative de "dénaturer" l'art. d'autres artistes ont été décriés et encore aujourd'hui, on les accusent de faire des oeuvres qui ne sont que masturbation intellectuelle et qui ne font l'oeuvre en tant qu'oeuvre que placée sous statut d'oeuvre (par exemple). C'est ce que vous fustigez avec raison quand vous parlez de mécénat. Mais sachez que l'art ne s'en arrêtera pas pour autant, c'est même ce genre de critiques qu'il cherche à provoquer en donnant des oeuvres qui n'en sont pas mais qui en sont quand même. Je n'entrerai pas dans le débat de l'art nécessaire où l'art comme recherche de finitude mais je pense que l'art est un moyen (une tentative?) de sortir, ou en tout cas de s'éloigner d'un état de la condition humaine à un moment donné; l'expression "l'art est le propre de l'homme" est d'autant plus interessante qu'elle soulève ainsi des paradoxes.
Ces propos sont issus d'une réflexion personelle et sont donc à relativiser dans la mesure du possible.
En espérant avoir contribué à la réflexion. Au revoir.
Abruzzi

Y. Mailliet le P. de T. a dit…

A "Bouche-rit", sur son premier "texte" et sur sa "réaction"...

Je suis attristée de devoir vous dire qu'effectivement le "fond" (!) et la forme de votre intervention prouvent que vous n'écrivez que par "envie d'être lu et reconnu"; mais, malheureusement pour vous,
1. on ne peut effectivement pas avoir envie de vous "lire"...
2. car il est déjà fort pénible de vous "survoler"...
En effet votre galimatias est rendu parfaitement inintelligible par les fautes grossières
-de morphologie,
-de syntaxe,
-de sémantique,
-de ponctuation
dont il est truffé.

Quant au thème de votre "discours", il est celui des aigris, des frustrés - qui dénigrent ce qu'ils ne comprennent pas... ou alors ce qu'ils auraient voulu pouvoir faire, mais n'y sont jamais parvenus, qui n'ont jamais obtenu la moindre once de reconnaissance; et pour cette raison "crachent" sur ceux qu'au fond ils envient, et ce dans tous les domaines - tant dans la vie quotidienne que, comme ici, à propos d'un domaine aussi subjectif que celui de l'art! "Jalousie, quand tu nous tiens..."

En tout cas, il était inutile d'étaler votre inculture - sauf bien sûr si votre but était précisément de vous "étaler"... - dans ces (trop!) longues invectives.
Vous pourriez prendre, exemple, entre autres, sur l'"anonyme" qui signe Abruzzi pour apporter une véritable réflexion personnelle et, donc, constructive...

PS- Et si, au lieu de "regarder" un article sur Pollock, vous étiez "tombé" sur un Toffoli, un Folon, voire un Buffet, n'auriez-vous pas produit un discours laudatif sur la "Beauté", l'"Art", etc.?...

Artiphage a dit…

Pour comprendre la finalité des œuvres de Jackson Pollock, il faut essayer sa technique de dripp painting (ce que j’ai fait). Ce n’est pas forcément le résultat qui compte, mais l’évasion du moment, surtout si les mouvements sont inspirés par un thème imaginaire ou par des sentiments. L’aventure continue lorsque l’on observe de très près les méandres et irisation qui n’ont pas manqué de se produire par le mélange des projections successives. L’important dans l’œuvre d’un artiste innovant, c’est justement de déclencher des passions